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Recherche futurs riches désespérément

zuckerberg

Et si on encourageait les futurs riches ?

Dans un billet précédent, nous avons vu qu’économiquement, il était beaucoup plus intéressant d’attirer les investissements des gens fortunés que les gens fortunés eux-mêmes. Mais pour attirer les investissements, il faut proposer des projets à forte croissance, des projets qui souvent sont portés par des entrepreneurs audacieux et talentueux, qui feront eux-même fortune dans l’aventure. Des « futurs riches », tels que l’étaient Mark Zuckerberg, Steve Jobs, Bill Gate ou Elon Musk dans leurs jeunesse.

Bien sur, on pourrait attirer ces talents depuis l’étranger, à grand coups d’avantage fiscaux et d’autres promesses, mais ne serait-il pas plus simple de commencer par encourager leur émergence dans notre propre population ? La France compte d’excellents ingénieurs, elle encourage tellement l’innovation qu’on pourrait parler de paradis fiscal de l’innovation (Billet à venir), et pourtant, malgré quelques belles aventures, quand on cherche des exemples de réussites, ce sont surtout les noms des américains pré-cités qui viennent à l’esprit.

Alors pourquoi ne créons-nous pas plus de ces futurs riches ? La question est difficile, et je ne prétends en aucun cas avoir la solution. Mais je peux néanmoins faire deux remarques issues de mon expérience en création d’entreprise innovante.

Tout d’abord, en France, les gens qui ont les compétences techniques pour créer les produits et services best-sellers de demain, c’est-à-dire très souvent les ingénieurs, n’ont absolument aucune connaissance ni en business, ni en innovation. Hier encore, je recrutais deux brillants développeurs. Scénario classique, présentation du concept et du business plan ( à la mode séquoia capital, en 20 slides tout compris). Ils ont adoré, mais il m’a fallu 3 heures parce qu’il fallait expliquer tous les concepts à chaque slide… Et je ne suis pas tout à fait sûr de ce qu’ils ont réellement compris. Les notions de prise de participation et d’investissement leur ont, il me semble, échappées.

Le Lean Startup, c’est fun, c’est radicalement efficace, et c’est particulièrement adapté aux développeurs et ingénieurs dans l’approche, puisque ce n’est rien d’autre que la méthode scientifique appliquée au business. Pourquoi ne pas systématiser les cours en école d’ingénieur ? En 10 heures, ils auraient non seulement une méthodologie simple pour aborder les problématiques d’innovation, mais aussi, via les différents canevas, une vision synthétique des points importants à connaître sur le fonctionnement des entreprises.

Ensuite, avoir les compétences pour créer des entreprises ne saurait suffire. Il faut aussi, et avant-tout, en avoir l’envie. Et pour développer leur envie, il faut leur expliquer que c’est possible, qu’il peuvent changer le monde, et que ce n’est pas si difficile que ça. Ensuite, il faudrait aussi considérablement simplifier le système social et fiscal, mais ça, c’est tout un sujet à part entière.

A retenir : 10 heures de formation au Lean Startup en école d’ingénieur, c’est potentiellement des milliers et des milliers d’emplois dans 10 ans.